Retouche photo à Hong Kong

2008 à 2010 : retour sur mon expérience en tant que retoucheur photo à Hong Kong

Clément F.

7/10/20262 min temps de lecture

Après l'obtention d'un BTS Photographie, j'avais délaissé la prise de vue et même revendu mon Nikon F100, ce Graal tant convoité pendant toutes mes années d’études. Malgré ma passion indéniable pour la photo, je me sentais mal à l'aise derrière l'appareil photo.

À la maison, en revanche, ma curiosité était happée par ce monde encore nouveau qu'était Internet. Il m'ouvrait les portes, entre autres, de tous ces logiciels de création numérique, Photoshop bien sûr, mais aussi Cubase, Fruity Loops, Illustrator … qui me tombaient littéralement sous la main (merci eMule, ceux qui savent, savent ; ) ).

Peu importe le logiciel, je le domptais en un rien de temps, explorant chaque recoin, chaque possibilité. Et avec les bases solides du BTS en arrière-plan, Photoshop était pour moi un jeu d'enfant. Au début, mes amis photographes faisaient appel à moi pour rattraper des shooting un peu ratés. Rapidement, les demandes se sont faites plus exigeantes, plus professionnelles. Et puis, un jour, une proposition a tout changé : production manager pour un magazine luxe/fashion à Hong Kong.

Entre 2008 et 2010, je suis donc parti pour Hong Kong. Ce qui était super, c'est que sur le papier, le poste de production manager se résumait à rester derrière un écran, à checker la mise en page sur InDesign et à faire le lien avec l'imprimeur. (À Hong Kong, l'imprimeur, c'était Toppan, le deuxième plus gros imprimeur au monde, une usine ultra impressionnante. Je m'en souviens encore de quelques visites sur place pour vérifier la sortie des samples du magazine.) Mais dans les faits, le photographe principal était un ami, et le second production manager aussi.

Du coup, on allait sur quasi tous les shootings. Je servais d'assistant digital sur les gros éditos, ou d'assistant photo sur les plus petits shoots. Et au fond, je réalisais discrètement le rêve de mon adolescence : être photographe de mode, même si c'était par procuration.

Une fois de retour au bureau, je me chargeais des retouches. Je passais finalement beaucoup plus de temps sur Photoshop que sur InDesign et tout le monde était ravi ainsi ! Retoucher des éditos entiers, et parfois les couvertures (je n'ai du en faire que deux mais c'était déjà énorme), avec des features pour de grandes marques : une véritable école accélérée pour la retouche professionnelle, sans conteste.

Ce que j'appréciais aussi, c'était la liberté créative qu'on me laissait. Je me souviens entre autre d'une photo d'Allan Zeman, l'un des businessmen les plus influents de Hong Kong, Chairman du Lan Kwai Fong Group. Pour le fun, j'ai poussé le contraste et assombri l'image au point de lui donner des airs de méchant dans Batman. Et contre toute attente, l'équipe éditoriale a adoré et a publié l'image telle quelle !

Cette expérience à Hong Kong a été un véritable tournant. La ville va à cent à l'heure, ultra-efficace, et reste un carrefour mondial pour la finance, le business et la mode. On y croise des personnalités influentes et de grandes marques qui y basent leur stratégie de communication, notamment pour le marché chinois. Ce qui m'a particulièrement marqué et, je pense, façonné différemment, c'est cette culture de l'efficacité à l'anglo-saxonne : une idée émerge, on brainstorme, on valide, on exécute. Une approche qui contraste, à mon humble avis, avec le côté franco-européen où tout semble prendre beaucoup plus de temps.

Je suis toujours attaché à la Chine, bien évidemment, mais aussi à Hong Kong et j'ai la chance de conserver des liens professionnels avec cette ville qui m'a tant apporté.

Crédit photographie: Laurent Segretier pour Prestige Magazine et Cotai Style

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